Rouen Impressionnée, Zone 3

Publié le par La Fausse Biennale de Sotteville

 

Benoît Thiollent vous donne rendez vous du 17 septembre au 19 novembre à Rouen avec une installation dénommée Zone 3, à l’angle de la rue Ganterie et de la rue de la Poterne, dans le cadre de la  programmation de Rouen Impressionnée.


 

Visuel Zone 3

 

 

 

Zone 3 : Attention, radar à piétons

 

Pionnier en France à sa création dans les années 70, le secteur piétonnier du centre ville de Rouen est en pleine évolution. Une portion de la rue Ganterie fait l’objet d’une expérimentation urbaine. Un radar automatique mesure la vitesse de déplacement des piétons et se déclenche lors d’un constat de vitesse supérieure à 3 km par heure.

 

Pas plus de 3 km par heure.

 

Cela a été étudié, au-delà de cette vitesse, le piéton n’a plus le temps d’observer les détails du patrimoine. Et des détails, il y en a de nombreux à découvrir dans la ville, tant nous passons régulièrement devant sans même les voir. 

 

Si désormais vous marchez trop vite rue Ganterie, vous vous ferez flasher par le radar. Et puis après tout, c’est bien fait pour vous. Ralentissez votre pas, levez le nez des vitrines, et retrouvez le goût de regarder aussi à côté de celles-ci. Car des trésors y sont à portée de regard, partout.

 

Alors piétons, prenez garde, faites attention à l’avenir à la signalisation urbaine !

 

La Zone 3 a une vocation plurielle. Elle génère un questionnement sur le rapport à la technologie sécuritaire imposée dans la vie quotidienne, avec les conséquences, intellectuelles, psychologiques et politiques qui en découlent. Mais aussi au final un questionnement de l’individu sur son rapport à la réglementation, et par conséquent sur lui-même.

 

 

« J’ai voulu cette installation, humoristique et fédératrice par sa mise en valeur du patrimoine, en écho à l’activisme sécuritaire de l’Etat. Après Police Drone Project en 2007, je poursuis avec le projet Zone 3 mon observation du comportement du citoyen non délinquant face à l’évolution de l’expression de l’autorité policière et de la réglementation.

 

Je vois également ce radar à piétons comme le prolongement d’actions d’hacking urbain, visant à détourner de leur but supports publicitaires et signalisation. Et j’apprécie l’étendue des  possibilités offertes par la durée de Rouen Impressionnée, permettant cette appropriation temporaire de l’espace urbain pour ouvrir la réflexion, avec ensuite la vie quotidienne des Rouennais devenue matériau de l’œuvre artistique. »

 

 

Benoît THIOLLENT

 

 

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