Benoît Thiollent : La Pataphysique au secours de la crise mondiale


Projet d’artiste
Fausse Biennale : 3/8

Benoît Thiollent :
La Pataphysique au secours de la crise mondiale



Après avoir atteint respectivement des niveaux record de 300 euros/tonne et 146 dollars le baril durant l'été 2007 et l'été 2008, le blé et le pétrole s'échangent actuellement à 140 euros/tonne et 35 dollars le baril.

La crise, alimentaire, puis pétrolière, a laissé place aujourd'hui dans les médias à la crise économique.
Les alertes se succèdent, se superposent en strates médiatiques.

Citoyen, dans ta tête, tout converge, tout se télescope !

Et si tu remettais tes idées en ordre en changeant les données du problème ?

La Fausse Biennale de Sotteville, soucieuse d'alimenter le débat, fait appel à Benoît Thiollent, expert en trituration d'objets, pour proposer une installation intitulée "La Pataphysique au secours de la crise mondiale".

Contenu de l'exposé : "Que fera t'on de nos voitures lorsque l'on ne pourra plus payer
l'essence ? On mangera avec !"



Témoignage sur place d'un automobiliste ruiné, devenu producteur de légumes.

Mot clés : pataphysique ; automobile ; aquaponie ; pisciculture.







Benoît Thiollent – De l’art et du cochon
 

J’exerce mon activité d’artiste plasticien en parallèle de ma profession de journaliste spécialisé en agriculture.
 
D’un côté, travailler avec des objets afin de raconter un passé proche ou se tourner vers l'avenir. De l’autre, relater au quotidien la vérité du présent agricole en mutation. Ces deux activités opposées consomment néanmoins la même énergie. Celle-ci consiste à prendre une distanciation, un temps nécessaire à l’observation et à se poser continuellement la question “me suis-je bien exprimé ?”

Ce point commun a logiquement généré la présence de textes sur mes lieux d’exposition. Non pas comme simple accompagnement, mais bien comme partie intégrante de l’œuvre, dans un jeu où la force de l’écrit concurrence le côté spectaculaire de la réalisation plastique pour mieux questionner le spectateur.

Mon souhait de semer le doute dans l'esprit du spectateur sur le caractère artistique de mon installation est en effet l'essence même de ma démarche. J'emploie pour cela des objets universellement connus, mis en scène dans un lieu incongru.
 
Ainsi, près avoir connu la démarche de donner rendez vous à des amateurs d’art sur un lieu d’exposition, j’ai fait le choix de surprendre le public en venant à sa rencontre dans des lieux et lors de manifestations dites “grand public” (Musée des Sapeurs Pompiers, Armada, Agriculture en Fête…).
 
Je fais ainsi don au spectateur d'une oeuvre ouverte, lui offrant une très large possibilité d'interprétation en fonction de son âge et sa personnalité. Mon but étant de voir l'individu enrichir l'oeuvre de ses souvenirs et son vécu pour fabriquer sa propre vérité.
En quittant l'installation éphémère, avec le souhait de rapporter à son entourage la vision étonnante venant d'être vécue, le spectateur devient de fait sa pièce maîtresse.





C'est en effet grâce à lui que l'oeuvre venue de la mémoire collective se recycle dans cette même mémoire collective, avec toutes les interprétations et déformations inhérentes au récit oral. C'est ainsi que des administrés ont formulé au Maire de Saint-André sur Cailly le souhait de voir se poursuivre le chantier de fouilles archéologiques entamé en septembre 2003 sur la commune. Chantier qui n'a pourtant jamais existé...